dimanche 4 juillet 2010

Croyances et convictions religieuses

En se référant au dictionnaire de l'académie française, nous obtenons les définitions qui suivent, importantes pour la compréhension de ce qui suit :

CROYANCE n. f.
Le fait de croire. Telle est ma croyance. Il a la ferme croyance que... Cela est arrivé contre la croyance de tout le monde. Cela passe toute croyance. Cela ne mérite aucune croyance, ne peut trouver croyance auprès des gens sensés.
Il signifie plus ordinairement ce qu'on croit dans une religion. Les croyances des chrétiens. La croyance des Juifs. Notre croyance est fondée sur... Les articles de notre croyance. La croyance à l'immortalité de l'âme. Nous devons respecter les croyances des autres.
Il se dit, par extension, de certaines opinions qui, sans être religieuses, ont le caractère d'une conviction intime : Il persista jusqu'à la fin dans ses croyances philosophiques.

CROIRE
Tenir pour véritable. J'ai de la peine à croire tout ce qu'il dit. Vous ne me ferez jamais croire cela. Il croit cette histoire, ce conte. Ne croyez rien de tout ce qu'il vous dit. C'est un homme défiant, il ne croit que ce qu'il voit. Cela est aisé à croire. Il le croit bonnement. Permettez-moi de n'en rien croire. Vous en croirez ce qu'il vous plaira. Absolument, Croire légèrement. Croire sans preuve. Il ne faut pas être si facile à croire.

Il signifie particulièrement, en matière de Religion, Avoir la foi et recevoir avec soumission d'esprit tout ce que l'Église enseigne: Je crois fermement qu'il existe un Dieu. Croire les mystères, les articles du symbole. Croire l'Évangile. On dit dans le même sens Croire en Dieu, en JÉSUS-CHRIST. Croire à la Sainte Vierge, au Saint-Esprit. Absolument, À la première prédication des Apôtres, beaucoup de Juifs crurent. Cet impie ne croit point.




L'héritage des croyances.

Un de mes amis est né dans une famille catholique. Il est lui-même catholique. J'ai un ami japonais de famille messianique: il l'est aussi. Je suis moi-même né dans une famille chrétienne d'orientation protestante, et je suis protestant. Je connais plusieurs personnes qui ont changé d'orientation religieuse, ou même abandonné toute religion, mais le poids de l'héritage familial est toujours présent dans leurs convictions, de quelque nature qu'elles soient. Si j'étais né en Inde, en Egypte, en Israël ou chez les Incas, aurais-je toujours été protestant ? Rien n'est moins sûr.

Nos convictions religieuses sont profondément ancrés dans notre culture familiale, le milieu social, le milieu étudiant et autres. La religion n'est pas fondé sur la croyance mais sur la culture. On parle de culture Française, Occidentale, Chinoise, comme on devrait parler de culture Catholique, Protestante, Musulmane, etc. On est loin des croyances telles que définies ci-haut. Un fervent catholique, ou évangélique est souvent aussi fougueux qu'un vrai patriote ou un politicien acharné, qu'il soit pied-noir Français, kamikaze Japonais, ou un républicain Américain, on a tous les mêmes tendances. On rejoint un camp, le "vrai", le "seul véritable", l'unique. Il suffit qu'un politicien adhère à une idée du camp adverse pour qu'il soit aussitôt excommunié de son parti ( toute allusion à l'effet Sarkozy est exclue ).

Y a-t-il de vrais croyants, dans le sens religieux du terme ? J'en connais, c'est vrai, et ce sont souvent des personnes qui ont eu une expérience hors du commun, pour lesquels l'explication d'une bénédiction divine est la seule plausible. Ces expériences, source de leur foi, sont souvent physiques, mais pas uniquement. Ce sont des guérisons, des réponses à leur prières quant à des besoins physiques, matériels ou financiers, etc... Certains rapportent des expériences spirituelles hors du commun, incompréhensibles du point de vue scientifique ou médical. Il ne faut pas s'y méprendre, beaucoup de ces expériences sont assez tendencieuses ou fantaisistes.

Je remarque que ces personnes arrivent souvent à rassembler autour d'elles une multitude de personnes avides d'exceptionnel.

L'Homme a un besoin de croire dans l'exceptionnel, l'inexpliqué, l'inexplicable. C'est un coté parfois poétique, parfois dramatique ou comique, parfois même lugubre, mais le plus souvent mystique, par lequel chacun essaye d'assouvir une anxiété profonde et méconnue. Le vide spirituel, comme diraient certains. La peur de l'après, de l'au-delà, de l'inconnu.

Nous oublions que cela fait parti de notre vie ci-bas. Notre peur lors du passage dans l'au-delà ressemble à l'anxiété que doit ressentir un nouveau-né au sortir du ventre douillet de sa mère. Il sort d'un monde qu'il connaît pour rejoindre un monde dont il craint le pire. En boutade je dirais qu’il y arrive en pleurant et criant...

A un certain stade de la vie, par manque d'expérience, nous nous comportons comme des ignorants, et acceptons tout et n'importe quoi au nom d'une vague conscience et des croyances qui s'y greffent. Au nom de la Politique ou des Religions. Essayons de nous dire: « et si tout cela n'était qu'invention d'hommes ? ». Dites vous par exemple que Jésus Christ n'a jamais existé en tant qu'homme, mais uniquement en révélation à plusieurs personnes de l'époque, que les faits bibliques sont tellement controversés qu'aucun doute est permit là-dessus et que sa vie terrienne est bel et bien une invention totalement fantaisiste. Chez beaucoup d'entre nous, surtout Chrétiens, cette réflexion provoquerait un frisson dans le ventre, des moments d'instabilité émotionnelle, une âme qui tente de dire à l'intellect de se calmer, d'oublier tout cela, et de se laisser bercer par la douceur de l'ignorance. J'y suis passé moi aussi, il y a très longtemps. Aujourd'hui on me reproche que j'intellectualise trop ma croyance. Je rétorque que j'utilise simplement l'intelligence que Dieu m'a donné. Si celle-ci ne me sert à rien, pourquoi me l'avoir inculquée ?

L'au-delà existe-t-il? A chacun de résoudre cette énigme. Mais ce qui est dommageable pour notre santé mentale est de se laisser pleinement aller dans une extase béate, comme un drogué ou un alcoolique, pour le plaisir de se sentir puissant et sans limites. Il est difficile d'assumer la responsabilité du contrôle des limites de nos impulsions, nos sentiments. Et c'est pourtant là que peut résider la force de l'homme. Savoir contrôler son voilier contre les vents, en barrant au mieux pour avoir une vitesse maximale, et en contrôlant continuellement le tangage pour ne pas laisser chavirer son bateau. Cette qualité est aussi valable dans notre vie sentimentale, affective, professionnelle et spirituelle. Il n'y a rien de plus exaltant pour un père que de voir son fils réussir dans cette voie. Alors vous qui parlez de 'Dieu le Père', veillez à lui rendre honneur en réussissant votre vie dans l'équilibre qui mène au plein épanouissement.

Le fait d'être multi facettes permet à l'homme de mieux trouver l'équilibre dont il a besoin. Un être qui serait purement émotionnel, ou intellectuel, ou spirituel, ou encore physique (instinctif, animal) devient socialement instable et invivable, et à la longue fait souffrir autrui comme il souffre lui-même.

Je voudrais citer Nietzsche en exemple: il s'attaque au christianisme sur les mêmes bases par lesquelles ce même christianisme essaye de se prévaloir. Or Nietzsche décrit très bien que le christianisme se base sur le libre arbitre, notion sans laquelle toute la théologie s'effondre. Pour Nietzsche le libre arbitre n'existe pas, comme il dit, il n'a jamais choisit pour la vie, il n'a jamais demandé à naître, il n'a jamais demandé à se retrouver dans la société où il a grandit. Tout ceci c'est simplement imposé à lui. Basé sur ce raisonnement ( et beaucoup d'autres ) il justifie sa position anti-christianique.

Je voudrais pourtant soulever un principe important, bien que je sois d'accord avec plusieurs éléments avancés par Nietzsche, celui-ci, dans toute sa véhémence, veut voir rétabli la splendeur de l'homme dans tout ce qu'il a d'instinctif, d'animal. Pour lui, l'homme fort est l'homme qui se laisse mener par ses sens, son instinct de conservation et de suprématie. Il est vrai de ce point de vue, que les hommes forts, aussi bien en politique qu'en affaires, ont mieux su mener à bien l'ardue entreprise de meneur d'hommes.

Nietzsche affirme en vocabulaire d’aujourd’hui que nous vivons un monde virtuel qui n’est qu’une vague image du monde réel dans lequel nous vivons, image transformée par les filtres de notre raisonnement. Je rajouterais qu’ils passent également par les filtres inhérents de nos sens ( voir "Les limitations de nos perceptions", au paragraphe suivant ) .

D'un autre coté restreindre l'homme dans ces limites c'est vouloir ignorer un nombre incalculable de faits qui ne peuvent être expliqués par une approche purement matérialiste. J'y reviendrais dans d'autres essais, je me restreints ici à en nommer quelques uns comme les EMI (expérience de mort imminente ou NDE en anglais), les effets télépathiques pour des êtres très proches sentimentalement mais éloignés physiquement, les visions prédicatives, et beaucoup d'autres phénomènes que certains essayent d'expliquer de façon physique sans pourtant pouvoir convaincre. Ceci me montre que l'homme possède une dimension que toute explication matérielle jusqu'à ce jour ne peut quantifier.

Mais, et DIEU dans tout cela ?

Imaginons maintenant que Dieu existe, non pas à l'image de l'Homme avec de l'intelligence, des pensées, sachant écouter et parler, agissant, réprimant et bénissant. Cette image là est celle que les églises nous font entrevoir. Certains parlent d'une mère de Dieu, du fils de Dieu ! Ces notions sont extrêmement réductrices, rendant DIEU dépendant de notre espace et de notre temps. De nos conceptions et de nos jugements. C'est le "Et l'Homme créa Dieu à son image".

Et si Dieu n'appartenait point à notre espace-univers, qu'Il soit au-dessus de tous nos concepts de temps, d'espace, et de matière? Inconcevable pour nos petits esprits? Et pourtant beaucoup de religions parlent de cet aspect que l'on ne comprend pas toujours correctement. Quand un écrivain écrit dans la bible que DIEU EST AMOUR, peut-être sans en avoir la notion, il enlève de Dieu cette restriction qui nous est propre, le temps: Dieu n'est pas quelqu'un qui aime, (action d'aimer, donc dépendante de la composante temps) mais IL EST AMOUR. Il est aussi dit que DIEU est Éternel, et que pour Lui; hier, aujourd'hui et demain sont une et même chose: ce qui veut dire ce que ça veux dire: Dieu est atemporel, je dirais même "inatemporel", car atemporel et intemporel veulent dire indépendant du temps, par contre ce que nous cherchons à dire, c'est que la composante temps n'existe plus du tout dans ce concept. L'éternité n'est pas une vie sans fin, mais un état où le temps n'existe plus. La quatrième dimension est la dimension "inatemporelle" de notre univers. La cinquième dimension l'est pour la quatrième et ainsi de suite. DIEU est au-dessus de toutes ces dimensions. Le fait d'être Eternel mène également vers l'être infini !

Essayons d'imaginer que le facteur temps n'existe plus: l'action, la pensée, le parler, l'écoute, le vent, les mutations, l'écoulement des eaux, plus rien de cela n'existe dans ce nouvel univers. Du moins, elle n'existe pas telle que nous les comprenons. Par contre LA PAROLE est là , LA CONNAISSANCE, pas en tant que débit temporel, mais elles sont intégrales et intégrantes, et étalent toutes leurs évolutions de façon immédiate et instantanée. "IL est celui qui EST".

Quel beau pétrin: tout ce que les religieux nous enseignent ne sont que balivernes? Ca c'est sûr. Voyez plutôt les liens en fin de ce texte pour y voir clair. Mais je donne quand même une très grande qualité aux églises, celle d'apporter des valeurs concrètes, des directives saines, même si leurs fondements sont basés sur le mensonge (souvent à leur propre insu).

*Pour mieux comprendre l' "inatemporel" tel que je le conçois, je vous convie à lire l'essai sur "L'Evolution du Big-bang", que je publierais ultérieurement sur ce site.

Il est donc impossible d'admettre beaucoup de choses de ce que les théologiens de tous temps ont avancé. Mais le fait de faire croire aux petits enfants que le Père Noël existe n'a jamais fait de mal à quiconque (du moins, je le pense), cette illusion se défait automatiquement avec l'âge. Si toutefois l'enfant arrive à l'âge adulte croyant toujours au même père Noël, il a un problème. De par cela, je ne suis point contre l'enseignement des églises, mais il faut que cela reste au niveau des fondements, en permettant à l'individu de se lancer et d'aller au delà dans ses propres recherches. Et que l'église ne devienne point un poids sur la conscience d'êtres en quête de réponses à l'inconnu.

En effet comment pouvoir prétendre que ce Dieu pourrait être acquis à nos petites causes, pire encore à la cause de quelques dirigeants d'églises, alors que tant de terriens sont à Sa recherche ? Dieu n'est ni Juif, ni Musulman, ni Shintoïste, ni Brahmaniste, ni Bouddhiste. Il est Celui qui Est ! Quand nous comprenons ces choses, nous comprenons surtout que nous ne savons rien sur LUI ! Le début de notre sagesse, quoi...

J'espère que mes élucubrations ne viennent pas (trop) chambouler vos convictions, mais j'attends que vos convictions très personnelles puissent venir chambouler les miennes. Par des critiques, ou en apportant des eaux nouvelles à mon moulin. Mes pensées ne sont jamais arrêtées, au contraire, plus ça va et plus je changerais. La recherche doit être continue, et ne peut s'arrêter sur des faits d'il y a 2000 ans ou plus.

Et surtout, ne faites pas comme le précise le dictionnaire sus-cité: « Avoir la foi et recevoir avec soumission d'esprit tout ce que l'Église enseigne ». Vous ne serez plus qu'un simple objet ornant les églises déjà immensément comblées, riches et puissantes :
- A moins que ce ne soit justement cela que vous ne recherchiez, être esclaves de ceux qui pensent à votre place ?
- Et sinon recherchez Dieu, tout simplement, mais avec soumission à Son intelligence: c'est-à-dire, à celle qu'Il vous a donnée.

Références:
une "généalogie" des religions exhaustive, à consommer avec modération : http://www.bible.chez-alice.fr/h01.htm
un fou qui s'attaque au pape : http://www.luigicascioli.eu/cascioli_france/argomenti-nel-sito/argomenti-nel-sito/lettre-ouverte-au-vatican.html

http://www.rationalisme.org/french/cascioli_jesus.htm

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